Millésime 2026: une vendange de grande qualité pour laquelle aucun prix n’a pu être arrêté

21 août 2026

Communiqué de l'Interprofession de la Vigne et du Vin (IVV) du Valais

L'Interprofession de la Vigne et du Vin du Valais a décidé de renoncer à fixer un prix indicatif pour la vendange 2026. Une décision sans précédent pour le premier canton viticole de Suisse. Le millésime 2026 s'annonce pourtant excellent, digne du niveau de qualité qu’a atteint le Valais ces dernières années. Le nombre impressionnant de médailles récoltées par les vins valaisans en témoigne. Pourtant, le marché ne permet plus de payer cette qualité à son juste prix.

Le paradoxe est total. La profession n'a jamais autant progressé. Elle multiplie les distinctions dans les concours suisses et internationaux ayant investi dans la qualité, à chaque étape, de la vigne au verre. Mais le marché est incapable de rémunérer ce travail, un marché inondé par des vins étrangers vendus en dessous des coûts de production. Ce système exerce une pression déloyale sur les prix, au détriment de toute la branche.

Le vignoble se réduit, les vignerons et encaveurs valaisans font tout ce qu'ils peuvent pour lutter. Les pouvoirs publics aussi: plusieurs cantons ont mis en place des mesures d’aide. Mais ces initiatives cantonales soulagent à peine les symptômes sans traiter le mal. Seules des décisions fédérales peuvent changer la donne.

La maison brûle. Il faut le dire clairement.

La consommation de vin recule. Les coûts de production augmentent. Nos vignerons redoublent d'efforts, année après année, pour limiter les traitements phytosanitaires et protéger la biodiversité de nos coteaux. Une partie des vins qui leur font concurrence vient de systèmes de production où ces exigences environnementales et sociales n'existent tout simplement pas. Cette asymétrie ne peut plus durer. Les importations continuent d'arriver à des prix ne permettant plus qu’à quelques vignerons de survivre en Suisse. Fixer un prix indicatif reviendrait à donner une valeur que le marché ne reconnaît plus. L'IVV refuse cette fiction.

Le Valais est le premier vignoble de Suisse. Si ce canton, avec son savoir-faire et ses résultats, ne parvient plus à faire vivre ses vignerons, c'est bien toute la viticulture suisse qui est menacée.

Un appel clair à Berne

L'IVV Valais rejoint ainsi l'IVV Genève dans son constat. L’interprofession valaisanne soutient également la consultation menée par le Conseil fédéral, à la demande de la profession qui vise à conditionner l'attribution des contingents d'importation à la prise en charge de la production suisse, conformément à l'article 22 de la loi sur l'agriculture. C'est aujourd'hui la seule réponse à la hauteur de la crise.

Le principe des importations selon la préférence indigène, appliqué déjà à de nombreux produits agricoles suisses, doit être défendu avec force. Les vins suisses ne couvrent que 35% de la consommation nationale. Consommer suisse est donc bien plus qu’un slogan, c'est une question de survie pour notre viticulture.


Interlocuteurs

Yvan Aymon, président de l'IVV, 079 307 58 04

Vincent Baud, directeur adjoint de l'IVV, 079 372 17 70

www.swisswinevalais.ch

Le communiqué en PDF

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