Communiqué de presse d’AgriGenève
Le couperet est tombé: l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires a annoncé l’interdiction des pacages en France pour les bovins. Cette décision administrative frappe Genève de plein fouet: éleveuses, éleveurs et animaux doivent faire face à cette mesure sans la moindre compensation ni solution.
AgriGenève et la Fédération bovine genevoise dénoncent une administration hors sol qui décide sans donner les moyens.
Des conséquences dramatiques pour les exploitations et le bétail
Le pacage transfrontalier est une nécessité vitale pour notre canton, dont les montagnes se situent de l’autre côté de la frontière. Cette interdiction entraîne une désorganisation fourragère, une explosion des coûts, un risque de saturation dans les exploitations et des animaux qui ne pourront pas bénéficier des conditions optimales d’un estivage en altitude. Cette décision administrative compromet la pérennité de nombreuses exploitations et bouleverse les pratiques traditionnelles de l’élevage genevois.
Berne: une administration hors sol qui décide sans donner les moyens
Sur alerte du SCAV genevois, le conseiller d’État Pierre Maudet a mobilisé tous les acteurs le 16 février. Depuis juin 2025, Genève assume les contraintes sanitaires pour toute la Suisse. Une décision fédérale ne peut se traduire par un abandon cantonal. L’article 44 de la Constitution fédérale prévoit que la Confédération doit prêter assistance aux cantons. Il s’agit d’une obligation.
«Madame la Conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider, Monsieur le Conseiller fédéral Guy Parmelin: la Constitution fédérale fait de votre soutien à Genève un devoir. Nous attendons des actes, pas des discours.»
Au nom de la solidarité constitutionnelle, nous exigeons de la Confédération:
- une compensation financière fédérale immédiate couvrant les surcoûts;
- des dérogations pour le pâturage des surfaces herbagères sous contrats fédéraux;
- un assouplissement des normes relatives aux bilans fourragers.
La filière bovine structure le paysage genevois, entretient notre patrimoine naturel et garantit notre souveraineté alimentaire. Elle assure également des conditions de vie exemplaires à nos animaux d’élevage. La laisser s’effondrer sous le poids de décisions administratives déconnectées du terrain reviendrait à fragiliser l’ensemble de notre agriculture et à compromettre le bien-être de notre cheptel.
AgriGenève et la Fédération bovine genevoise resteront mobilisées pour obtenir des solutions justes et proportionnées. Nos éleveuses et nos éleveurs assument leurs responsabilités. La Confédération doit désormais assumer les siennes.
Interlocuteurs
Patricia Bidaux, présidente d’AgriGenève, 079 734 49 08
Didier Pradervand, président de la Fédération bovine genevoise, 079 471 17 87




